Face aux épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, la préservation de la ressource en eau est un enjeu majeur.
Quels sont les impacts sur l’alimentation en eau potable ? Quelles restrictions s’appliquent près de chez vous ? Comment adapter vos usages au quotidien ? Retrouvez dans cet article les informations et conseils essentiels pour comprendre la situation et agir.
La fréquence et l’intensité des événements climatiques extrêmes s’accentuent chaque année, et sont les conséquences visibles du changement climatique. La France traverse, cet été 2026, une sécheresse précoce et sévère, qui a déjà des impacts pour l’agriculture, l’industrie et les écosystèmes. Le dispositif de gestion de la sécheresse, piloté par les préfets, permet de préserver les usages prioritaires, notamment l’accès à l’eau potable. Dans ce contexte, il convient de participer à l’effort collectif et d'adopter les bons réflexes pour économiser la ressource en eau et limiter son usage aux besoins essentiels, afin de préserver la quantité et la qualité au robinet du consommateur.
La sécheresse est un épisode de manque d’eau plus ou moins long, mais suffisant pour que les sols et la flore soient affectés. Ce phénomène peut être cyclique ou exceptionnel, et entraîne des conséquences variées : assèchement des cours d’eau, déstabilisation des milieux naturels, impact sur l’approvisionnement en eau potable, augmentation du risque d’incendie…
En cas d’épisode de sécheresse, les niveaux d’eau s’abaissent, ce qui peut empêcher le prélèvement d’eau et son utilisation. Le manque d’eau peut avoir des conséquences tant sur la quantité que sur la qualité de l’eau du robinet. Si les problèmes quantitatifs sont souvent les plus critiques, la baisse du niveau des nappes favorise parfois, dans certaines configurations hydrogéologiques, la hausse des concentrations de composés présents dans l’eau captée (ex : fluor, arsenic, …).
De plus, les faibles débits dans les canalisations ou l’augmentation de la température de l’eau au cours de son transport peuvent également modifier la qualité de l’eau : développement de bactéries, création de sous-produits, transfert de molécules des matériaux en contact avec l’eau, ... Cette altération de la qualité peut à son tour entrainer des difficultés de traitement et/ou une dégradation de l’eau distribuée.
Face à ces difficultés quantitatives ou qualitatives liées à la sécheresse, certaines collectivités sont amenées à mettre en œuvre, en urgence, des mesures de gestion (interconnexion, activation d’un captage de secours, achat d’eau…).
L'Agence régionale de santé et les services de l’état accompagnent les producteurs d'eau potable pour s'assurer que les pénuries sont évitées et que les consommateurs soient suffisamment informés.
Pour faire face aux périodes d'insuffisance de la ressource en eau, les préfets peuvent prendre des mesures exceptionnelles, graduelles et temporaires de limitation ou de suspension des usages de l’eau non prioritaires pour les particuliers et les professionnels, selon 4 niveaux de gravité :
Vigilance : inciter les particuliers et les professionnels à économiser l’eau (niveau de sensibilisation, pas de restriction) ;
Alerte : réduction de tous les prélèvements en eau et interdiction des activités impactant les milieux aquatiques, restrictions en matière d’arrosage, de remplissage et de vidange des piscines, de lavage de véhicules et d’irrigation de cultures ;
Alerterenforcée : réduction de tous les prélèvements en eau et interdiction des activités impactant les milieux aquatiques, restrictions renforcées en matière d’arrosage, de remplissage et de vidange des piscines, de lavage de véhicules et d’irrigation de cultures ;
Crise : ce niveau est déclenché pour préserver les usages prioritaires, interdiction des prélèvements en eau pour l’agriculture (totalement ou partiellement), pour de nombreux usages domestiques et pour les espaces publics.
Que vous soyez un particulier, un professionnel, une collectivité ou un exploitant agricole, informez-vous régulièrement des restrictions d’usage de l’eau qui vous sont applicables en fonction de votre localisation et/ou abonnez-vous aux alertes mails pour recevoir une notification dès que les mesures vous concernant changent.
Le site VigiEau, actualisé chaque jour, recense sur une carte nationale tous les arrêtés de restriction des usages de l’eau pour l’ensemble des départements et permet de consulter celui qui vous concerne. Il est également une source d’information sur la gestion de l’eau.
A noter : des mesures plus contraignantes de restriction des usages peuvent être prises par arrêté municipal lorsque des circonstances locales le justifient. Renseignez-vous auprès de votre mairie.
Des contrôles sont mis en place, en complément des actions de communication et de pédagogie, afin de s’assurer de l’effectivité des restrictions et du respect par l’ensemble des usagers.
Sécheresse : économisons l'eau
Usage domestique
Eviter de laisser couler l'eau
Limiter les arrosages des jardins
Utiliser les appareils de lavage à plein
Installer des équipements économes en eau
Collectivités
Réduire des fuites dans les réseaux de distribution d'eau potable
Optimiser l'arrosage des espaces verts et du nettoyage des voieries
Connaître les volumes d'eau consommés
Distribuer des kits hydro-économes dans les foyers
Industrie
recycler certaines eaux de nettoyage
Mettre en place des circuits fermés
Agriculture
Mettre en place des tours d'eau pour l'irrigation
Utiliser un matériel d'irrigation hydro-économe
Opter pour des cultures moins exigeantes en eau
Ayons les bons réflexes ecologie.gouv.fr Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires
Tout au long de l’année
Sans attendre la pénurie effective d’eau, il est important que chacun fasse preuve, à son niveau, de sobriété vis-à-vis de sa consommation d’eau tout au long de l’année.
Site du gouvernement « Chaque geste compte. Préservons nos ressources » : chacun d’entre nous peut maîtriser sa consommation d’eau quotidienne grâce à des gestes simples : privilégier les douches, installer des équipements sanitaires économes en eau, faire fonctionner les appareils de lavage à plein, réutiliser l’eau de pluie...
ADEME : Comment économiser l’eau ? » : les collectivités, les industries et l’agriculture sont également invités à mettre en œuvre des mesures de réduction et d’optimisation de la ressource.
Les contraintes peuvent devenir réglementaires et des mesures d’économie d’eau sont alors imposées par arrêté à la population générale, aux activités de loisirs, agricoles ou industrielles. Chacun est invité à s’informer des restrictions des usages applicables et à les respecter (voir rubrique « s’informer »).
Gestionnaires de piscines à usage collectif
Dès que le seuil d’Alerte renforcée ou de Crise est déclenché, le remplissage des piscines à usage collectif (défini à l’article D1332-1 du code de la santé publique) est interdit.
A titre exceptionnel, la vidange partielle (remise à niveau) ou totale peut être autorisée, sous deux conditions : impératif sanitaire validé par l’ARS ; accord (écrit) du gestionnaire du réseau d’eau potable (PRPDE) du lieu où est située l’installation, avant toute opération.
A défaut d’accord et donc de pouvoir assurer une qualité d’eau satisfaisante pour la baignade, le bassin est fermé temporairement au public.
Pour limiter le risque de fermeture, il appartient aux gestionnaires de piscines à usage collectif de veiller au bon entretien de l’installation ainsi qu’à l’application stricte des mesures d’hygiène par les baigneurs (douches, vérification de l’état des pédiluves, …).
Les auto-contrôles des différents paramètres de traitement doivent être réalisés au minimum deux fois par jour. En cas d’identification d’une dérive de la qualité de l’eau, des actions correctives doivent être prises pour rectifier immédiatement la situation.
Etablissements de santé ou médico-social
En situation de sécheresse, il est du ressort des services de l’État compétents d’établir au préalable les listes des usagers prioritaires et des activités essentielles pour l’alimentation en eau potable, de définir les différents niveaux de priorité correspondants et de tenir à jour ces listes.
Cette priorisation permet d’opérer une gradation de la segmentation des réseaux de distribution au fur et à mesure que les volumes disponibles s’amenuisent.
Certains usagers sont donc considérés comme prioritaires pour l’alimentation en eau potable et sont identifiés dans une liste spécifique, établie dans chaque département.
Par exemple, les établissements de santé (hôpitaux, cliniques, maternités, centres de dialyse) et les personnes dialysées à domicile font partie des usagers prioritaires. Les EHPAD font également partie des cibles dont l’eau ne serait coupée qu’en dernier recours (et non sans avoir organisé l’approvisionnement en eau de secours le plus rapidement possible).
L’interruption de l'approvisionnement en eau potable des établissements de santé ou médico-social constitue un risque devant être anticipé dans le cadre de l’élaboration des plans de réponse aux crises.
Surveillance et anticipation pour limiter les pénuries d’eau
Anticiper les situations de sécheresse : engagement des travaux structurels (recherche d’une ressource de secours, amélioration des rendements des réseaux, interconnexion avec des réseaux voisins excédentaires, ...), élaboration de plan interne de crise (PIC), rédaction de plans de gestion de la sécurité sanitaire des eaux (PGSSE) pour rendre plus résilient les systèmes de production et de distribution d’eau potable face aux impacts du changement climatique, incitation aux limitation des consommations d’eau, …
Surveiller régulièrement, en période de sécheresse, la ressource et les infrastructures pour garantir en continu la sécurité sanitaire et la continuité de l'alimentation en eau potable.
Dès que le suivi des tensions sur l’alimentation en eau potable est déclenché par l’ARS, renseigner le questionnaire en ligne (lien transmis par mail) permettant d’évaluer l’état des ressources et les risques éventuels pour la continuité de la distribution en eau potable.
Gestion de crise
Lorsqu’il n’est plus possible d’agir sur le préventif, des mesures drastiques s’imposent en cas de risque de rupture de l'alimentation en eau potable :
Informer la population de limiter les usages par l’intermédiaire d’un arrêté municipal, en complément des arrêtés préfectoraux ;
Signaler immédiatement à l’ARS, via l’outil dédié, les difficultés d’alimentation en eau potable de la population (quantitatif / qualitatif) et les mesures palliatives envisagées, existantes (interconnexions, ressources de secours déjà autorisées) ou exceptionnelles (citernages, interconnexions, mise en service de ressources non autorisées, …). La connaissance exhaustive des situations de tensions permet, outre la prise de décision, d’appuyer les collectivités dans les démarches et de prendre les mesures adaptées de protection de la population.
Informer la population de la situation et donner les conseils nécessaires sur les conditions de consommation et d'utilisation des eaux.
Le guide « Préconisations sanitaires pour l’anticipation et la gestion des pénuries d’eau - Guide pour les exploitants de réseaux d’eau potable » élaboré par l’ARS grand Est peut-être utilement consulté par les responsables de la production et de la distribution d’eau.