Semaine européenne de prévention du cancer du col de l’utérus en Bourgogne Franche-Comté

Actualité
Semaine européenne de prévention du cancer du col de l'utérus

Du 19 au 25 janvier, se déroule la semaine européenne de prévention du cancer du col de l’utérus. Cet événement a pour objectif de rappeler l’importance du dépistage et de la vaccination contre le HPV.

Nous relayons ici les informations du centre régional de coordination des dépistages des cancers de Bourgogne Franche-Comté.

Généralisé en France depuis 2018, le programme de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus répond à un véritable enjeu de santé publique. Ce cancer, évitable grâce à la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) et au dépistage régulier, reste pourtant encore méconnu ou négligé.

Cancer du col de l’utérus : état des lieux  

Chaque année, le dépistage du cancer du col de l’utérus permet d’identifier près de 32 000 lésions précancéreuses, évitant ainsi leur évolution vers un cancer invasif. En France, cette 

maladie touche plus de 3 100 femmes et entraîne environ 1 100 décès annuels. Pourtant, il est possible de la prévenir efficacement grâce à deux moyens complémentaires :

  • La vaccination contre les HPV (ou prévention primaire), dès l’âge de 11 ans.

  • Le dépistage régulier (ou prévention secondaire), recommandé de 25 à 65 ans.

L’infection aux virus HPV : une infection fréquente et redoutable

Le cancer du col de l’utérus est causé par les papillomavirus humains (HPV), dont 12 types présentent un haut risque (HR) oncogène parmi les 200 types existants. Ces virus, principalement transmis lors de rapports sexuels, constituent l’infection sexuellement transmissible (IST) la plus répandue. On estime que 85 % à 90 % des femmes contracteront un HPV au cours de leur vie, avec un pic d’infection avant 25 ans. Dans 90 % des cas, l’infection disparaît spontanément en trois ans. Cependant, lorsqu’elle persiste, elle peut entraîner des lésions susceptibles d’évoluer vers un cancer en 10 à 20 ans, si elles ne sont pas diagnostiquées et traitées.

En plus du col de l’utérus, les HPV-HR peuvent provoquer des lésions (pré-) cancéreuses dans d’autres zones du corps, notamment : l’anus, l’oropharynx, la vulve, le vagin, le pénis. C’est pourquoi des moyens de prévention complémentaires, notamment la vaccination, sont essentiels pour limiter les risques d’infection.

Vaccination contre les HPV : une protection efficace et recommandée

La vaccination contre les virus HPV est recommandée chez les filles et les garçons à partir de 11 ans. Depuis le 19 décembre 2025, le rattrapage est désormais possible jusqu'à 26 ans chez les filles et les garçons.

Pour faire vacciner son enfant, il est possible de consulter son médecin traitant, un pharmacien, une sage-femme, un infirmier, ou de se rendre dans un service de vaccination municipal ou départemental. Depuis la rentrée 2023, la vaccination est aussi proposée dans les collèges.

En bloquant la transmission des virus, elle contribue également à une protection collective. Après plus de 10 ans de recul, les données confirment l’efficacité et la sûreté du vaccin. À ce jour, plus de 100 millions d’enfants et d’adolescents ont été vaccinés contre les HPV dans près de 80 pays.

Couverture vaccinale 2024 en France et en Bourgogne Franche-Comté

En France, la couverture vaccinale complète contre les HPV est estimée à 48 % chez les jeunes filles et 24,5 % chez les garçons. En Bourgogne Franche-Comté, ces taux atteignent 50,6 % pour les filles et 24,3 % pour les garçons (Santé publique France, avril 2025). Si les couvertures continuent de progresser, elles restent inférieures à l’objectif de couverture vaccinale de 60 % à l’horizon de 2023 et de 80 % à l’horizon 2030 (Stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030).

Un dépistage précoce pour de meilleures chances de guérison 

Financé par l’Agence Régionale de Santé et le Conseil Départemental de Haute-Saône, le programme de dépistage est déployé à l’échelle régionale par le Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers de Bourgogne Franche-Comté, CRCDC-BFC. 

Ce programme permet la détection de lésions pré-cancéreuses ou cancéreuses en Bourgogne Franche-Comté. La prise en charge des patientes, une fois le diagnostic validé, peut se faire de façon plus précoce, offrant par conséquent de meilleures chances de guérison. 

La population cible concerne les femmes asymptomatiques de 25 à 65 ans, y compris les femmes enceintes, les femmes ménopausées, et les femmes vaccinées contre les infections HPV. 

Deux types de tests sont recommandés en dépistage primaire du cancer du col de l’utérus selon l’âge : 

  • de 25 à 29 ans : il est recommandé de réaliser deux examens cytologiques à un an d’intervalle, puis 3 ans plus tard si le résultat des deux premiers tests est normal. 

  • de 30 à 65 ans : il est recommandé de réaliser un test HPV HR tous les 5 ans, à débuter 3 ans après le dernier examen cytologique normal ou dès 30 ans en l’absence de dépistage antérieur. 

Le dépistage peut être réalisé par plusieurs professionnels de santé, notamment les gynécologues, les sage-femmes, les médecins généralistes et désormais, les praticiens des laboratoires de biologie médicale.

Le taux de participation au dépistage organisé

Le taux de participation standardisé à l’échelle nationale est de 60,9 % en 2024, en hausse d’un point par rapport à 2023. En Bourgogne Franche- Comté chez les femmes âgées de 25 à 65 ans, standardisée sur l’âge, ce taux s’élève à 63,8 %, en hausse également par rapport à l’année précédente. Cela témoigne globalement de l'expansion et du développement favorable du programme, bien que la participation reste en deçà de l’objectif de 80 % de femmes dépistées, nécessaire pour réduire la mortalité liée à ce cancer de 30 %. 

Les taux de participation au dépistage est hétérogène sur les 8 départements de notre région : 

  • 69,7 % en Côte-d’Or, 

  • 61,9 % dans le Doubs, 

  • 65,1 % dans le Jura, 

  • 56,3 % dans la Nièvre, 

  • 61,6 % en Haute-Saône, 

  • 66,3 % en Saône-et-Loire, 

  • 58,5 % dans l’Yonne, 

  • 63,8 % dans le Territoire de Belfort. 

Pour en savoir plus : source SPF, bulletin, novembre 2025. 


Le centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC-BFC)

Association née le 1er janvier 2019 de la fusion des structures départementales, le CRCDC-BFC est la structure officielle chargée des dépistages organisés des cancers, pour l’ensemble des Bourguignons Franc-Comtois. Il a pour mission de :

  • Mettre en œuvre les programmes de dépistages organisés des cancers du sein, colorectal et du col de l’utérus ;
  • Faire le lien avec les professionnels de santé : retour d’information, mobilisation, formation ;
  • Évaluer les programmes de dépistage et contribuer à leur évolution ;
  • Sensibiliser la population au dépistage et informer sur ces cancers. En tant qu’acteur majeur de la promotion des dépistages organisés des cancers, le CRCDC-BFC initie et participe à de nombreuses actions de proximité, en collaboration avec des partenaires locaux, pour informer et mobiliser les citoyens autour de cette démarche de prévention essentielle.

Aller plus loin

Contact

Côte-d’Or : Dr Vincent Dancourt
03 80 76 45 80 ou vdancourt@depistagedescancers-bfc.fr

Doubs, Jura, Haute-Saône et Territoire de Belfort : Dr Raouchan Rymzhanova-Coste
03 81 47 14 71 ou rrymzhanova@depistagedescancers-bfc.fr

Nièvre : Dr Danielle Vignaud
04 82 54 03 22 ou danielle.vignaud@depistagecanceraura.fr

Saône-et-Loire : Dr Jean-Bernard Tuetey
03 85 39 39 98 ou jbtuetey@depistagedescancers-bfc.fr

Yonne : Dr Stéphane Cornélis
03 86 52 72 99 ou scornelis@depistagedescancers-bfc.fr