Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) : prévenir le risque de grippe aviaire chez l'Homme

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Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) est un virus qui touche surtout les oiseaux sauvages et domestiques mais également l'humain dans de rares cas.
Retrouvez dans cet article l'essentiel, les questions fréquentes et toutes les informations de prévention indispensables.

Dans de rares cas, certains virus influenza aviaires peuvent infecter l’humain à l’occasion de contact rapprochés avec des animaux infectés ou leur environnement : on parle alors de grippe aviaire.

La prévention repose sur une approche « Une seule santé », associant surveillance de la faune sauvage, protection des élevages, prévention des expositions humaines et surveillance des personnes exposées.

L’essentiel

  • L'IAHP concerne principalement les oiseaux ; le qualificatif « hautement pathogène » se rapporte à son pouvoir pathogène chez l'animal.
  • La transmission d'un virus influenza aviaire de l'animal à l'être humain reste rare ; le risque concerne surtout les personnes ayant un contact étroit avec des animaux infectés ou un environnement contaminé.
  • La consommation de viande de volaille, d'œufs ou de produits à base de volaille ne présente pas de risque pour l'Homme.
  • L'enjeu de surveillance est de détecter précocement une éventuelle infection humaine et d'éviter l'adaptation d'un virus animal à l'Homme.

1) Comment se transmet le virus ?

La transmission d’un animal à un être humain :

  • Par contact direct avec des oiseaux domestiques ou sauvages infectés par un virus influenza (élevages, basse-cour, oiseaux sauvages) ou avec des surfaces contaminées (litière, déjections, matériels, etc.).
  • Par voie aérienne (inhalation d’aérosols) dans un lieu contaminé (ex : élevage).

La consommation de viande de volaille, d'œufs ou de produits à base de volaille ne présente pas de risque pour l'Homme. 

Transmission entre êtres humains : à ce jour, aucune transmission interhumaine n’a été documentée. Toutefois, la transmission est possible par voie respiratoire aux personnes en contact direct avec la personne infectée, et via un contact avec les surfaces souillées. Ce risque justifie toutes les précautions autour des sujets malades ou susceptibles de l’être. 

Description ci-dessous

Alerte grippe aviaire :

Que faire face à un oiseau faible ou mort ?

  • Ne touchez jamais un oiseau malade, affaibli ou mort
  • Signalez le à votre mairie en précisant le lieu de la découverte
  • Informez l'OFB de votre département pour le suivi de l'épidémie

2) Que faire si je découvre un oiseau sauvage mort ou plusieurs oiseaux morts ?

Ne le touchez pas et ne le ramassez pas. 

Évitez que des enfants ou des animaux domestiques s'en approchent.

Lavez-vous les mains après toute activité en milieu naturel ou à proximité d’oiseaux.

Signalez la découverte au service départemental de l'Office français de la biodiversité ou à la Fédération départementale des chasseurs ; selon les situations, la mairie peut également être sollicitée pour la gestion du cadavre. 

3) Que faire si j’ai été en contact avec un animal infecté ou suspect de l’être ?

Surveillez l’apparition de symptômes pendant les 10 jours suivant l’exposition : fatigue, fièvre, courbatures, maux de tête, nez qui coule, toux, yeux rouges, difficultés respiratoires, désorientation, vertiges… et suivez les consignes qui vous sont données par les autorités sanitaires.

En savoir plus :   Les bons réflexes face aux grippes aviaire et porcine (Santé Publique France)

4) Quels sont les symptômes chez l’être humain ?

Les symptômes sont généralement de faible intensité, et sont ceux d’une infection respiratoire aiguë : fatigue, fièvre, courbatures, maux de tête, écoulement nasal, toux, désorientation, vertiges. 

Des conjonctivites (yeux rouges) ont été fréquemment observées dans des cas récents. 

Plus rarement, des difficultés respiratoires apparaissent, pouvant aller jusqu’à une atteinte sévère. 

Les symptômes sont les mêmes que ceux d’infections virales hivernales. Le diagnostic de grippe aviaire est évoqué par le fait que ces symptômes surviennent dans les 10 jours qui suivent l’exposition à un animal atteint ; d’où la nécessité de signaler une telle situation au médecin.

5) Que faire en cas d’apparition de symptômes, dans les 10 jours après un contact avec un animal infecté ou suspect ?

  • Appelez le 15 et expliquez votre situation : décrivez vos symptômes et précisez l’exposition à des oiseaux domestiques ou sauvages infectés ou suspectés d’être infectés.
  • Dans l’attente d’un avis médical :
    • ne vous rendez pas directement au cabinet médical ou aux urgences : suivez les consignes qui vous seront données par le 15 ;
    • limitez les contacts humains et animaux (isolez-vous dans une pièce) ;
    • portez un masque en présence d’autres personnes, même si vous ne toussez pas (bonnes pratiques du port de masque – Cpias) ;
    • respectez les mesures barrières : Lavage des mains fréquent, éternuement et toux dans son coude, utilisation de mouchoirs à usage unique qui seront immédiatement jetés, éviter de serrer les mains et d’embrasser ;
    • aérez les pièces fréquentées et désinfectez les surfaces touchées (dont poignées de portes, interrupteurs, sanitaires).

Lorsqu'un foyer d'IAHP est détecté, l'ARS participe, avec les services vétérinaires et Santé publique France, à l'identification et au suivi des personnes exposées.

Le dispositif SAGA est un protocole de surveillance active des personnes exposées à un foyer d'influenza aviaire hautement pathogène. 

Les personnes exposées se voient proposer :

  • un test de dépistage,
  • une auto-surveillance des symptômes pendant 10 jours après l’exposition,
  • des consignes en cas d’apparition de symptômes : voir question 5) ci-dessus « 5) Que faire en cas d’apparition de symptômes, dans les 10 jours après un contact avec un animal infecté ou suspect ? »

En savoir plus : Grippe aviaire : vers un renforcement de la surveillance humaine pour détecter précocement toute transmission à l’être humain (Santé Publique France) (nouvelle fenêtre) 

Définition

Patient suspect = signes cliniques (infection respiratoire aiguë quel que soit le niveau de gravité et/ou conjonctivite) ET exposition compatible < 10 jours.

Définition d’une exposition à un virus influenza aviaire :

Contact direct avec un être vivant confirmé d’infection par un virus influenza aviaire ou porcin. 

Sont concernés :

Contact direct avec un animal suspecté d’infection par un virus influenza aviaire hautement pathogène ou porcin.

Sont concernés :

Contact avec un environnement ou du matériel contaminé par un virus influenza aviaire ou porcin.

Sont concernés :

un animal confirmé d’infection par un virus IA/IP par le Laboratoire National de Référence influenza aviaire/porcin ou tout autre laboratoire habilité (Diagnostic d’infection par un virus IAHP rendu soit par le LNR Influenza aviaire (Anses), soit par un laboratoire agréé par la Direction Générale de l’Alimentation) : oiseau, porc ou toute autre espèce animale domestique ou sauvage ;

un cas humain confirmé par le CNR Virus des infections respiratoires (cf. définition d’une personne-contact).

un contexte d’élevage d’oiseaux, professionnel ou de loisir, avec une mortalité soudaine et anormale ;

un contexte d’élevage de porcs, professionnel ou de loisir, avec des animaux présentant un syndrome grippal ;

un contexte de contact direct avec la faune sauvage : l’oiseau ou le mammifère sauvage manipulé était malade ou trouvé mort.

la fréquentation pendant au moins 15 minutes d’un lieu confiné où des animaux infectés par un virus influenza aviaire ou porcin ont séjourné ;

le contact direct avec du matériel ou une surface d’un foyer confirmé d’influenza aviaire ou porcin. Exemples : manipulation d’outils ou de litière, nettoyage des déjections ;

le contact direct avec un prélèvement ou tout autre matériel biologique contaminé par un virus influenza aviaire ou porcin. Exemple : en laboratoire de recherche ou de diagnostic.

Source : Conduite à tenir en cas de suspicion de grippe zoonotique, Santé publique France, version du 16 octobre 2025

NB : les formes pauci-symptomatiques sont à ne pas négliger : la conjonctivite peut être le seul symptôme.

En cas de suspicion :

  1. Protéger le patient et les professionnels : masque chirurgical, friction des mains avec un produit hydro-alcoolique à minima ; lors d’un prélèvement d’échantillon biologique : masque FFP2, lunettes, surblouse, gants non stériles ;
  2. Eviter le contact avec les autres patients : mettre en place un circuit dédié sans contact avec les autres patients du lieu de soins ;
  3. Solliciter un avis infectiologique : infectiologue du CHU de Dijon ou de Besançon, via les lignes de demande d’avis spécialisé ;
  4. Signaler la situation à l'ARS Bourgogne-Franche-Comté : 0 809 404 900 – 24 h/24, 7 j/7.

Diagnostic biologique

Prescription chez un « cas possible » : test RT-PCR grippe (A/B) avec sous-typage (H1/H3), dans un contexte de suspicion de grippe zoonotique chez un patient symptomatique.

  • Le prélèvement respiratoire est systématique : prélèvement naso-pharyngé, accompagné d’un prélèvement respiratoire profond en cas d’atteinte respiratoire sévère.
  • Le prélèvement oculaire est réalisé en cas de symptômes oculaires (hors nomenclature, prise en charge possible par l’ARS).

Une fiche de renseignements est à joindre : Grippe aviaire (Santé publique France)

Le prélèvement à réaliser sans délai. L’orientation (laboratoire de ville ou hospitalier) est convenue avec l’ARS au cas par cas. Le laboratoire doit impérativement être prévenu. 

NB : Proscrire l’utilisation de test antigénique.

Un exemplaire du résultat (positif ou négatif) est à adresser à l’ARS : 

En cas de test positif pour la grippe A, il sera nécessaire de réaliser un sous-typage H1/H3. Le cas échant, nous vous remercions de contacter l’ARS au plus vite par téléphone (0 809 404 900) afin d’identifier ensemble le circuit le plus adapté pour le sous-typage. 

En cas d’envoi nécessaire au Centre National de Référence (CNR) : 

Envoi de matériel biologique aux CNR - Institut Pasteur

En savoir plus : Grippe zoonotique (COREB)

Les mesures relatives aux élevages, aux oiseaux détenus, aux zones réglementées et à la biosécurité relèvent des autorités sanitaires en charge de la santé animale. 

En savoir plus : 

Des mesures de protection spécifiques s'appliquent également aux professionnels susceptibles d'être en contact avec des oiseaux infectés ou leur environnement : éleveurs, vétérinaires, agents intervenant dans les foyers, professionnels du nettoyage et du dépeuplement, agents des collectivités, chasseurs, etc.

La vaccination grippe saisonnière est recommandée pour les professionnels exposés : elle réduit le risque de réassortiment entre virus humains et animaux. 

Les équipements de protection individuelle (EPI) sont protecteurs s’ils sont portés efficacement, et retirés dans le respect des règles de biosécurité :

  • Vêtements de protection à usage unique.
  • Masque de protection respiratoire (de préférence FFP2) correctement ajusté, lunettes ou visière de protection, gants de protection étanches.
  • Se laver les mains avec du savon ou une solution hydroalcoolique après chaque contact avec des animaux ou des surfaces contaminées (ou susceptibles de l’être), même en cas de port de gants de protection.
  • Nettoyer/désinfecter le matériel.

Bonnes pratiques de port des EPI

Documentation du Cpias : Guides et documents : Equipement de protection individuelle

Porter un masque FFP2 : vidéo Comment bien ajuster son masque de protection respiratoire ? (1’11)

En l’absence d’équipements de protection individuels, éviter d’être en contact avec des oiseaux domestiques, des oiseaux sauvages, des porcs ou d’autres mammifères infectés par le virus, suspectés d’être infectés ou morts, ainsi qu’avec des surfaces susceptibles d’être contaminées ; et éviter de séjourner dans les locaux où ont stationné les animaux. 

Influenza aviaire : la situation en France (Ministère de l'Agriculture)

Les foyers aviaires sont signalés sur les sites des préfectures concernées.