Où vivent les tiques ?
Les tiques sont des parasites de très petite taille, mais visibles à l’œil nu, qui s’accrochent sur la peau. Elles vivent dans les milieux humides : forêts, prairies, buissons, talus, espaces verts des villes (parcs et jardins). Elles se plaisent dans les herbes hautes, broussailles, feuilles mortes et branches basses.
Certaines régions sont davantage touchées, en particulier le Grand-Est, la Bourgogne Franche-Comté, la Nouvelle Aquitaine, l’Auvergne Rhône-Alpes ; le pourtour méditerranéen et les zones situées en altitude étant épargnés.
En France métropolitaine, la période favorable aux tiques s'étend d'avril à juin en plaine et de mai à juillet en montagne.
Comment se protéger des morsures de tiques ? Comment réagir en cas de morsure ?
Un clip de prévention présente les 9 gestes pour se protéger et explique comment retirer une tique. Il a été réalisé par l’association Lympact, la Fédération française contre les maladies vectorielles à tiques, avec le soutien de Santé Publique France et de la Direction Générale de la Santé.
En savoir plus :
Dépliant d'information Maladie de Lyme et prévention des piqûres de tiques (SPF)
Les conseils de ‘Prudence’ : la tactique anti-tiques (SPF) : dépliant enfants et affiche enfants
NB : Depuis 2025, la Haute Autorité de Santé (HAS) ne recommande plus d’imprégner l’intégralité des vêtements avec un répulsif, en raison de la toxicité du produit. Néanmoins, l’application ponctuelle sur les vêtements d’un répulsif cutané peut être réalisée en complément au niveau des points d’entrée (bas des vêtements).
Testez vos connaissances sur les Maladies Vectorielles liées aux Tiques (MVT) : Vrai ou Faux ?
- La répartition des tiques est homogène sur tout le territoire français
FAUX : Certaines régions sont plus impactées que d’autres, c’est le cas des régions de l’Est et du Centre. De plus, il existe des disparités d’espèces en fonction de la zone géographique. - Il est possible de se faire piquer dans son jardin
VRAI : Les tiques adorent les endroits humides et boisés mais aussi les herbes hautes, les jardins et les ronces. - Si la tête de la tique reste dans la peau, j’ai davantage de risques de contracter la maladie de Lyme
FAUX : La tique transmet la bactérie par sa salive lors de son repas. Si le corps est retiré, elle ne peut plus se nourrir, ainsi la transmission n’est plus possible.
Le rostre étant considéré par l’organisme comme un corps étranger, un granulome (petite boule) peut se former, et persister quelques semaines sans conséquence ultérieure. - La borréliose de Lyme est la seule maladie transmise par les tiques
FAUX : Elles donnent beaucoup d’autres maladies.
Bien plus rares que la maladie de Lyme, la rickettsiose, l’encéphalite à tique ou encore la tularémie font partie de la longue liste de maladies transmises par les tiques. - Le risque de développer une borréliose de Lyme secondaire à une morsure de tique est très élevé en France
FAUX : Le risque de transmission est faible : 1 à 4%.
Ce risque dépend du temps d’attachement de la tique à la peau, de facteurs propres à la tique et de facteurs propres à l’individu. - Une transmission de la borréliose de Lyme est possible lors de l’allaitement
FAUX : Il n’existe pas de risque de transmission par le lait maternel.
Après une piqûre de tique, l’allaitement peut être poursuivi sans risque pour l’enfant. - L’encéphalite à tiques peut être transmise par la consommation de lait cru ou de fromage au lait cru
VRAI : Souvent méconnu car rare, ce mode de transmission a été identifié pour plusieurs cas en France. En effet, si l’animal (principalement chèvre ou brebis) a été contaminé par une tique, le virus est présent dans le lait. - Si un animal attrape l’encéphalite à tique, il faut l’abattre
FAUX : Au contraire, une fois guéri, l’animal aura acquis une immunité.
Tous les conseils de prévention en un coup d'oeil
Prévention tique
Avec le retour des beaux jours, les tiques reviennent ! Ces petits acariens suceurs de sang peuvent transmettre des maladies infectieuses à l’humain et l’animal par piqûre, alors protégez-vous ! Voici les gestes favorables à la prévention :
- Avant la sortie : j’utilise un répulsif si possible et je couvre mes jambes et mes bras
- Pendant la sortie : je privilégie des chemins
- Après la sortie : j’inspecte mon corps attentivement
- En cas de piqûre : j’utilise un tire-tique, je désinfecte et je surveille. Je n’utilise pas de produits chimiques. Je signale la piqûre via le programme CiTIQUE (www.citique.fr)
Précisions concernant la conduite à tenir devant une morsure de tique
La présence d'une petite zone d'érythème autour de la piqûre immédiatement ou dans les 24 premières heures après la morsure est le résultat d'une réaction aux composés salivaires de la tique et ne doit pas être confondue avec un érythème migrant. La durée minimale d'incubation de l'érythème migrant est de 3 jours.
Si une partie du rostre de la tique n'a pu être extirpée, il ne faut pas chercher à compléter l'extraction. Une petite papule (granulome à corps étranger) peut dans ce cas persister pendant plusieurs semaines. Cela ne correspond pas à un érythème migrant et est sans conséquence ultérieure.
L’antibioprophylaxie à la suite d’une piqûre de tique n’est pas recommandée, quelles que soient les comorbidités du patient et la durée d’attachement de la tique.
Il est inutile de réaliser une sérologie de maladie de Lyme après morsure de tique. En effet, le délai d’apparition des anticorps est de 3 à 6 semaines minimum, et le résultat ne permet pas de discriminer une infection guérie d’une infection active.
Il n'y a pas de risque de transmission de Borrelia par le lait maternel. En conséquence, il n'y a pas lieu d'interrompre l'allaitement maternel du fait d'une piqûre de tique chez une femme allaitante (source : SPF Borréliose de lyme).
En savoir plus :
Prévention et conduite à tenir en cas de morsure de tique (HAS 2025)
Guides et documents : Les outils de prévention et de maitrise des épidémies (Cpias BFC)
Prévention des piqûres de tiques : Fiche pratique pour les collectivités de Bourgogne Franche-Comté (Cpias BFC)
Recommandations sanitaires aux voyageurs (HCSP) : les données concernant les répulsifs sont actualisées chaque année. Notez les contre-indications éventuelles chez la femme enceinte et l’enfant < 30 mois.
Une appli signalement-tique
Le ministère chargé de la Santé et l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) ont développé l’application signalement-tique. La nouvelle version est arrivée le 18 mai 2020 sur iOS et Android. Elle a vocation à délivrer des conseils de prévention sur les piqûres de tiques, tout en permettant aux citoyens de signaler, depuis leur Smartphone, leurs piqûres afin de recueillir les données d’exposition nécessaires aux scientifiques.
Les tiques sont susceptibles de transmettre différentes maladies dont la plus connue est la borréliose (ou maladie) de Lyme. Les animaux de compagnie (chiens, chats…), d’élevage (bovins, ovins…) et sauvages peuvent également être infectés.
Ces maladies ne sont pas contagieuses : elles ne se transmettent pas directement entre humains.
Une piqûre de tique ne rend pas systématiquement malade, car toutes les tiques ne sont pas infectées.
Les Maladies Vectorielles liées aux Tiques (MVT) : point infos
Les Maladies Vectorielles liées aux Tiques (MVT) : point infos
Il existe près de 1 000 espèces de tiques différentes dans le monde, mais seules quelques-unes sont vectrices d’agents pathogènes.
Ces agents pathogènes peuvent être des bactéries, des virus ou des parasites. De ce fait, les maladies transmises par les tiques sont multiples, impactant les Hommes et/ou les animaux.
Quelques notions d’épidémiologie :
- Entre 30 et 40 espèces différentes sont présentes sur le territoire français
- En 2023, près de 39 000 cas de maladie de Lyme ont été diagnostiqué en médecine générale
- 39 cas d’encéphalite à tique ont été déclaré en 2023
Quelques exemples de maladies bactériennes transmises par les tiques :
- Maladie de Lyme = Borréliose de Lyme
- Rickettsiose
- Tularémie
- Bartonellose
- Anaplasmose granulocytaire humaine
Quelques exemples de maladies virales transmises par les tiques :
- Encéphalite à tique
- Fièvres hémorragiques dont la fièvre hémorragique Crimée-Congo
- Louping-ill du mouton
- Maladie de Powassan
Quelques exemples de maladies parasitaires transmises par les tiques :
- Piroplasmose canine
- Babesiose bovine
- Theilériose
Certaines MVT font l’objet d’une déclaration obligatoire.
C’est le cas de :
- L’encéphalite à tique
- La tularémie
- La fièvre hémorragique de Crimée-Congo (pas de cas en France à ce jour)
Ressources
Complément à destination des professionnels de santé
Le parcours de soins est décrit sur Diagnostic et prise en charge (CRMVT).
Pour la région Bourgogne Franche-Comté, les centres de compétence pour la prise en charge des maladies vectorielles à tiques sont les CHU de Dijon et Besançon. Ils peuvent être sollicités pour toute difficulté diagnostique ou nécessité de prise en charge multidisciplinaire. Les centres de référence sont les CHU de Strasbourg et Nancy.
Maladies à signalement obligatoire : Encéphalite a tique (TBE), tularémie, fièvre hémorragique Crimée Congo (FHCC ou FCC) sont à signalement obligatoire à l’ARS Bourgogne Franche-Comté via les formulaires Cerfa dédiés.
La borréliose de Lyme est due à une bactérie du complexe Borrelia burgdorferi, transmise par certaines tiques, du genre Ixodes.
Dans 95% des cas, l’infection guérit spontanément, sans symptôme.
Dans les autres cas, plusieurs situations se présentent :
Apparition d’un érythème migrant dans le mois qui suit la piqûre : plaque rouge et ronde qui s’étend en cercle à partir de la zone de piqûre. Il faut alors consulter un médecin rapidement. Le traitement antibiotique permet généralement la guérison sans séquelle.
Installation de symptômes neurologiques, articulaires ou cutanés dans les mois ou année qui suivent la piqûre. Le diagnostic peut être difficile, d’autant que les examens de biologie médicale ne sont pas toujours probants. Le fait de se souvenir d’avoir été exposé à des tique est un élément important.
Par ailleurs, le syndrome post-borréliose de Lyme traitée ou PTLDS (post-treatment Lyme disease syndrome) se manifeste par des symptômes persistants pendant plus de 6 mois après la fin du traitement d’une borréliose de Lyme : fatigue inhabituelle et invalidante, douleurs musculosquelettiques, troubles cognitifs (mémoire, concentration). D’intensité variable d’un patient à l’autre, ces symptômes affectent le quotidien et la qualité de vie. Ils touchent en Europe entre 6 et 20 % des patients traités pour une borréliose de Lyme.
Provoqué par de nombreux agents pathogènes, le syndrome post-infectieux est une pathologie en soi. Il se manifeste par la présence de symptômes prolongés survenant après la résolution de la phase aiguë de la maladie. Les causes restent mal connues : les hypothèses actuelles portent sur une dérégulation immunitaire conduisant à une inflammation chronique et/ou à l’apparition d’auto-anticorps, la persistance du pathogène ou de fragments antigéniques, une altération du microbiote bactérien, viral et fongique, ou encore des mécanismes de sensibilisation neurologique et/ou psychologique. Aucun test diagnostique spécifique n’existe à ce jour. La prise en charge est multidisciplinaire, et peut comporter un accompagnement psychologique ou encore une réadaptation physique.
En savoir plus :
Maladie de Lyme (Ministère santé)
Les recommandations de la HAS de 2025 confirment la place centrale de l’évaluation clinique dans le diagnostic et décrivent précisément l’antibiothérapie requise dans la borréliose de Lyme. Elles proposent de nouveaux algorithmes et arbres décisionnels, une mise à jour des données épidémiologiques et des messages clés de prévention, ainsi que des outils pratiques.
Borréliose de Lyme et autres maladies vectorielles à tiques (MVT) - Guide (toutes les fiches pratiques)
Fiche pratique - Diagnostic d’une paralysie faciale périphérique de Lyme
Fiche pratique - Principales manifestations cliniques de la borréliose de Lyme
Fiche pratique - Réflexion diagnostique à partir du trépied diagnostique
Fiche pratique - Prescription d’une antibiothérapie pour la borréliose de Lyme
Fiche pratique - Antibiothérapie recommandée dans la borréliose de Lyme
Fiche pratique - Guides d'usage pour le traitement d'une borréliose de Lyme
Depuis l’ajout de la TBE à la liste des maladies à signalement obligatoire, le nombre de signalements augmente en France, preuve que cette maladie est de mieux en mieux identifiée et déclarée.
Cette maladie est plus fréquente du printemps à l’automne, période d’activité des tiques. Plus rarement, la contamination peut se faire également par consommation de lait cru ou de fromage au lait cru issus de chèvres ou de brebis porteuses du virus.
Les services de Maladies Infectieuses des CHU de Dijon et de Besançon peuvent être sollicités en tant que Centres de compétences pour les maladies vectorielles à tiques (CC-MVT).
Epidémiologie
L’encéphalite à tiques (TBE pour tick-borne encephalitis), arbovirose la plus fréquente en Europe, voit son incidence augmenter dans plusieurs pays européens, dont la France.
En 2025, 68 cas ont été rapportées à Santé Publique France (source : Flash-Info Maladies infectieuses avril 2026 / n°39) chez des patients de tous âges. Les cas sont survenus d’avril à décembre, avec un pic très net en juillet.
La grande majorité des cas sont des cas autochtones, c’est-à-dire ayant acquis le virus localement. Si les régions Grand-Est et Auvergne-Rhône-Alpes sont à ce jour les plus concernées par la maladie, la Bourgogne Franche-Comté n’est pas épargnée.
Modes de contamination
Le virus de l’encéphalite à tiques (TBEV) est un Flavivirus transmis par des tiques du genre Ixodes infectées.
L’être humain s’infecte par piqûre de tiques infectées, ou dans de rares cas, par consommation de produits laitiers non pasteurisés contaminés. En effet, les animaux contaminés excrètent le virus dans le lait.
Figure du cycle de transmission du virus de l’encéphalite à tique entre les tiques infectées et les mammifères (Source : ANSES)
Manifestations cliniques
Des manifestations cliniques se produisent dans 20 à 40% des cas. Elles se caractérisent par un syndrome grippal (fièvre, fatigue, maux de tête, courbatures, malaises) et des troubles digestifs, durant 1 à 10 jours. Puis dans un tiers des cas cliniques, elles peuvent évoluer dans une forme plus sévère avec apparition de signes neurologiques (méningites ou méningo-encéphalites), entrainant l’hospitalisation des patients. Cette maladie peut entraîner de graves complications avec des séquelles neurologiques (paralysies, troubles du comportement ou de la mémoire) pouvant persister plusieurs années.






