Réévaluation des prescriptions et déprescription : ressources de bonnes pratiques pour les professionnels

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L’ARS et L’OMéDIT Bourgogne Franche-Comté, ainsi que leurs partenaires, proposent des outils pour accompagner les professionnels dans leur démarche de réévaluation des traitements et de déprescription.

1 personne sur 2 âgée de 65 ans et plus en situation de polymédication

En France, près de 8 consultations médicales sur 10 aboutissent à une prescription de médicaments. Selon la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), 1 personne sur 2 âgée de 65 ans et plus est en situation de polymédication dans la mesure où plus de 5 molécules lui ont été délivrées simultanément au moins 3 fois dans l’année. La notion de polymédication recouvre par ailleurs plusieurs indicateurs selon l’IRDES, basés sur des données de consommation de médicaments de façon simultanée, cumulative et/ou continue.

Cette surconsommation de médicaments serait à l’origine de plus de 200 000 hospitalisations et de 10 000 décès prématurés par an.

En Bourgogne Franche-Comté, en 2023, 51% des personnes âgées de 75 ans et plus ont eu la délivrance d’au moins 10 médicaments différents en même temps sur, a minima, un trimestre de l’année.

Pourquoi réévaluer régulièrement les prescriptions ?

La réévaluation régulière des prescriptions est une action indispensable. La balance bénéfice/risque de chaque médicament varie pour un même patient au cours de sa prise en charge à cause de nombreux facteurs : vieillissement physiologique de la personne, apparition de comorbidités ou au contraire amélioration de son état de santé, interactions médicamenteuses, effets indésirables…

La réévaluation des traitements peut aboutir à la réduction de dose ou l’arrêt de médicaments n’ayant plus d’effets bénéfiques pour le patient, voire pouvant lui nuire (déprescription).

Effets indésirables et hospitalisations

La prise des médicaments peut, en effet, être responsable d’effets indésirables, certains pouvant entrainer une hospitalisation. Les plus fréquents chez les personnes âgées sont les chutes et les troubles de la mémoire.  

Les classes médicamenteuses identifiées comme les plus à risque sont principalement :

  • Les antipsychotiques

  • Les anxiolytiques et hypnotiques

  • Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP)

  • Les antihypertenseurs

  • Les antalgiques

Il est cependant parfois difficile d’initier une démarche de déprescription, lorsqu’une situation le nécessitant est repérée, notamment car elle implique l’adhésion du patient et de son entourage.

Des initiatives et outils pour accompagner les professionnels

Des chercheurs canadiens ont ainsi développé des lignes directrices de déprescription pour les principales classes médicamenteuses concernées.

En France, des campagnes de sensibilisation et des initiatives se mettent en place. La convention médicale entre l’assurance maladie et les prescripteurs en matière de pertinence et de qualité des prescriptions intègre désormais cette problématique.

L’ARS et L’OMéDIT Bourgogne Franche-Comté, ainsi que leurs partenaires, proposent divers outils d’aide pour accompagner les professionnels dans une démarche de réévaluation des traitements et de déprescription : retrouvez ci-dessous l’ensemble des outils pratiques mis à votre disposition.

Benzodiazépines

Antidépresseurs

Antipsychotiques

Autres classes médicamenteuses – Deprescrire | Deprescribing.org