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Rougeole : pour éviter l’extension de l’épidémie, il faut améliorer la couverture vaccinale

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Une recrudescence de cas de rougeole, maladie très contagieuse, touche actuellement plusieurs pays européens. En France, l’augmentation rapide du nombre de cas font craindre une épidémie sur l’ensemble du territoire. Dans ce contexte, les autorités sanitaires rappellent que la vaccination est la seule protection individuelle et collective contre la rougeole.
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Une recrudescence de cas de rougeole, maladie très contagieuse, touche actuellement plusieurs pays européens. En France, l’augmentation rapide du nombre de cas et l’identification de foyers épidémiques dans plusieurs régions font craindre une épidémie sur l’ensemble du territoire. Dans ce contexte, les autorités sanitaires rappellent que la vaccination est la seule protection individuelle et collective contre la rougeole. Une protection efficace correspond à deux doses de vaccin. Pour toute personne âgée d’au moins 12 mois et née après 1980, il est donc urgent de vérifier sa vaccination et de consulter son médecin traitant en cas de doute.
 

La France n’est pas à l’abri d’une nouvelle épidémie d’ampleur importante

Rougeole com DGS 2018 - 2

Le nombre de cas de rougeole augmente de manière importante depuis novembre 2017.

En 2018, près de 2900 cas ont été déclarés (dont 23% d’hospitalisations et 3 décès).

Avec 3 foyers épidémiques actifs (dont un en Ile-de-France) et une couverture vaccinale pour la seconde dose insuffisante (variant de 62 à 88 % selon les départements), la circulation du virus reste d’actualité et une extension de l’épidémie à l’échelle nationale dans les mois à venir est à craindre.

À ce jour, aucun département n’atteint les 95% de couverture vaccinale à 2 ans pour les 2 doses de vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR), taux requis pour permettre l’élimination de la maladie.
 

La vaccination : une mesure de prévention indispensable contre la rougeole

Les autorités sanitaires et les professionnels de santé sont pleinement mobilisés pour contenir cette épidémie et protéger la population. Elles rappellent la nécessité d’une couverture vaccinale très élevée dans la population. Une telle protection collective permettrait d’éliminer la maladie et ainsi protéger les nourrissons de moins d’un an, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées ne pouvant être elles-mêmes vaccinées. Il est donc impératif que toutes les personnes nées à partir de 1980 aient reçu deux doses de vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR).

Par ailleurs, il est demandé à chaque personne atteinte de la rougeole d’appliquer les mesures barrière (éviction, port du masque) et de prévenir son entourage familial, social et professionnel afin que chacun puisse vérifier s’il est correctement vacciné.
 

Les professionnels de santé et de la petite enfance invités à la vigilance

Diagnostic

La confirmation  biologique est un élément essentiel de la surveillance en début d’épidémie :

  • La PCR sur prélèvement rhinopharyngé ou sérum est le seul examen disponible dans les 3 premiers jours suivants le début de l‘éruption :

    • payante si réalisée en ville (de l’ordre de 130 euros),
    • en jour ouvré, les médecins peuvent demander des Kits salivaires auprès du PFR qui en détient un stock pour la région : l’envoi du kit au CNR se fait à température ambiante par voie postale normale (gratuit).
  • La sérologie (simple et remboursée – résultats en 3 jours) est à privilégier de J3 à J28 après le début de l’éruption.

 

Mesures d’hygiène

Dès le diagnostic présumé, y compris en salle d’attente d’un lieu de soins, le malade doit être pris en charge rapidement (éviter le séjour prolongé en salle d’attente au contact d’autres personnes), avec mise en place des précautions d’hygiène standard et des précautions complémentaires de type « air » :

  • isoler le patient (mise à l’écart des autres patients) dans un box ou une chambre seule, porte fermée, limiter ses déplacements au strict nécessaire, limiter le nombre d’intervenants 
  • faire porter au patient suspect ou atteint de rougeole un masque chirurgical (dès l’entrée à l’hôpital, au service des urgences, en consultation et lorsqu’il sort de sa chambre) 
  • mettre à disposition en période épidémique des masques chirurgicaux dans les salles d’attente 
  • accélérer la prise en charge afin d’éviter les contacts avec d’autres malades en salle d’attente ou de soins 
  • pour le personnel prenant en charge le patient ou toute personne entrant dans la chambre :
    • port d’un masque de protection respiratoire (FFP2) avant l’entrée dans la chambre
    • port de gants non stériles à usage unique pour les soins le nécessitant
    • réalisation d’un geste d’hygiène des mains par friction avec un soluté hydro-alcoolique (SHA) dès le retrait des gants et avant de quitter la pièce
    • port d’une surblouse à usage unique, avec un tablier plastique en cas de soins à risque d’être mouillants ou souillants
    • port de lunettes de protection pendant les soins exposants
    • dépôt du matériel potentiellement contaminant dans les récipients prévus à cet effet. Il sera éliminé suivant la filière des déchets d’activité de soins à risque infectieux
  • après le départ du patient, si possible condamner la pièce dans laquelle le patient a été présent avant de l’aérer pendant au moins 10 minutes. En l’absence de possibilité d’aération, il convient de condamner l’accès à la pièce pendant 2 heures.

 

Déclaration obligatoire auprès de l'ARS

Au contact des patients et des jeunes enfants, les professionnels de santé et de la petite enfance doivent être vaccinés. Chaque professionnel de santé est invité à signaler tout cas de rougeole à son agence régionale de santé (ARS), sans attendre la confirmation biologique du cas, afin que l’ARS puisse procéder sans délai à l’identification des personnes contacts et à leur prophylaxie le cas échéant.

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