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Monoxyde de carbone : prévenir les risques d'intoxication

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Visuel représentant l'affiche de la campgane 2016 sur la prévention des risques liées au monoxyde de carbone
Lorsque les températures baissent, les risques d’intoxication au monoxyde de carbone, ou CO, augmentent. Chaque année, ce gaz toxique est responsable d’une centaine de décès en France.
Découvrez ce qu'est le monoxyde de carbone ? Comment prévenir les risques ? Comment réagir en cas d'accident ? Professionnels de santé, comment diagnostiquer et déclarer ?
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Un gaz invisible, inodore et mortel

Le monoxyde de carbone est un gaz asphyxiant très difficile à détecter : il est invisible, inodore et non irritant. Il résulte d’une mauvaise combustion au sein d’un appareil fonctionnant grâce à la combustion de gaz, de bois, de charbon, d’essence, de fuel ou encore d’éthanol. 

Un gaz à l’origine de graves intoxications

La densité du monoxyde de carbone est voisine de celle de l’air, il se diffuse donc très vite dans l’environnement. Après avoir été respiré, il se fixe sur les globules rouges à la place de l’oxygène et peut s’avérer mortel en moins d’une heure :

  • 0,1 % de CO dans l’air tue en 1 heure,
  • 1 % de CO dans l’air tue en 15 minutes,
  • 10 % de CO dans l’air tuent immédiatement.

En Bourgogne Franche-Comté, entre le 1er juillet 2015 et le 30 juin 2016, 54 épisodes intoxiquant 168 personnes ont été constatés nécessitant 137 admissions aux urgences et 49 hospitalisations et provoquant 5 décès. 

Deux types d’intoxication 

  • L’intoxication faible dite chronique se manifeste par des maux de tête, des nausées, une confusion mentale, de la fatigue. L’intoxication est lente et les symptômes de cette intoxication peuvent ne pas se manifester immédiatement. 
  • L’intoxication aiguë entraîne des vertiges, une perte de connaissance, une paralysie musculaire, des troubles du comportement, voire le coma ou le décès. 

En cas d’intoxication grave (chronique ou aiguë), les personnes gardent parfois des séquelles à vie : migraines chroniques ou bien pathologies neurologiques invalidantes (troubles de la coordination motrice, paralysies de toutes formes). Ces intoxications sont actuellement suspectées de perturber le développement cérébral des enfants et notamment leur fonctionnement intellectuel.

Les 3/4 des signalements surviennent en saison de chauffe d'octobre à mars. Les habitations sont le lieu privilégié des intoxications : 2/3 des signalements concernent les logements. Les sources d'intoxications sont majoritairement (60%) des installations fixes raccordées : chaudière, poêle, insert, cuisinière… 

En Bourgogne-Franche-Comté, entre le 1er juillet 2015 et le 30 juin 2016, 54 épisodes intoxiquant 168 personnes ont été constatées. Pour plus de détails, consultez l'infographie ci-dessous.

  

  • Un défaut d’aération 
  • Des conditions météorologiques défavorables
  • Un défaut d’appareil ou de l’installation raccordée 
  • Une utilisation inadaptée de l’appareil

Ces intoxications pourraient être évitées en adoptant les bons gestes :

  • Faites vérifier vos installations de chauffage et vos conduits de fumée par un professionnel qualifié au moins une fois par an. Celui-ci doit mesurer le taux de monoxyde de carbone dans le local où la chaudière est installée : il doit vous signaler l'existence d'anomalies et ne pas remettre en service l'installation en cas de danger grave et immédiat.
  • Voir le guide sur l''entretien des chaudières :

 

  • Veillez toute l'année à une bonne aération et ventilation du logement, tout particulièrement pendant la période de chauffage : aérez au moins 10 minutes par jour et n'obstruez jamais les entrées et sorties d'air de votre logement.
  • N'utilisez jamais pour vous chauffer des appareils non destinés à cet usage : cuisinière, brasero, etc. 
  • Ne faites jamais fonctionner les chauffages d'appoint en continu ; ils sont conçus pour une utilisation brève et par intermittence uniquement.
  • Ne faites pas tourner le moteur de votre véhicule dans le garage fermé.
  • N’utilisez pas d’engins à moteur thermique dans des espaces clos (groupe électrogène, tronçonneuse thermique…).
Visuel présentant l'affiche sur le monoxyde de carbone

En présence d’un appareil à combustion, des symptômes doivent vous alerter : maux de têtes, nausées, vomissements. Si ces symptômes disparaissent en dehors de la pièce ou que plusieurs personnes les ressentent dans une même pièce, il faut :

  • Aérer immédiatement les locaux en ouvrant portes et fenêtres.
  • Arrêter si possible les appareils à combustion.
  • Evacuer les locaux et les bâtiments.
  • Appeler les secours : le SAMU (15), les pompiers (18) ou le numéro unique d’urgence européen (112).
  • Ne pas réintégrer les lieux avant d’avoir reçu l’avis d’un professionnel du chauffage ou des Sapeurs Pompiers.

Dans le cadre du dispositif de surveillance national, toute intoxication au CO (hors incendie), suspectée ou avérée, survenue de manière accidentelle ou volontaire, au domicile, dans un établissement recevant du public, en milieu professionnel ou liée à l’utilisation d’engin à moteur thermique doit faire l’objet d’un signalement. 

Dans l'attente de la réorganisation des centres anti-poison (CAP) du Grand-Est, le dispositif de surveillance de l'ex-Bourgogne et le dispositif de l'ex-Franche-Comté coexistent.

Si l'intoxication a lieu en secteur Bourgogne, elle doit être signalée au CAP de Nancy à l'aide du formulaire de déclaration ex-Bourgogne : 

Si l'intoxication a lieu en secteur Franche-Comté, elle doit être signalée à l'ARS à l'aide du formulaire de déclaration ex-Franche-Comté :

Pour un meilleur dépistage des situations d'intoxications oxycarbonées, les professionnels de santé peuvent consulter le dépliant sur les intoxications oxycarbonées subaiguës ou chroniques : comment les diagnostiquer ?

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