La santé pour territoire

Monoxyde de carbone : prévenir les risques d'intoxication

Article
Visuel
Les dangers du monoxyde de carbone. Des gestes simples pour l'éviter.
Lorsque les températures baissent, les risques d’intoxication au monoxyde de carbone, ou CO, augmentent. Chaque année, ce gaz toxique est responsable d’une centaine de décès en France.
Découvrez ce qu'est le monoxyde de carbone.
Comment prévenir les risques ?
Comment réagir en cas d'accident ?
Professionnels de santé, comment diagnostiquer et déclarer ?
Corps de texte
Affiche sur la monoxyde de carbone

En France

Au cours de la période de chauffe 2016-2017, 1 041 épisodes d’intoxication au monoxyde de carbone (CO) survenus par accident et impliquant 3 5540 personnes ont été signalés au système de surveillance de Santé publique France.

Le nombre d’incidents d’intoxication par le CO a augmenté de 24 % par rapport à la
saison précédente principalement en raison de pics du nombre d’intoxications pendant les périodes les plus froides de l’hiver.

Entre le 1er septembre et le 10 octobre 2017, déjà 63 épisodes d’intoxication au monoxyde de carbone, signalés au système de surveillance de Santé publique France ont concerné 196 personnes.

En Bourgogne Franche-Comté

Entre le 1er juillet 2016 et le 30 juin 2017, 44 épisodes intoxiquant 139 personnes ont été constatés nécessitant 112 admissions aux urgences et 29 hospitalisations et provoquant 2 décès.

Un gaz invisible, inodore et mortel

Le monoxyde de carbone est un gaz asphyxiant très difficile à détecter : il est invisible, inodore et non irritant. Il résulte d’une mauvaise combustion au sein d’un appareil fonctionnant grâce à la combustion de gaz, de bois, de charbon, d’essence, de fuel ou encore d’éthanol. 

Un gaz à l’origine de graves intoxications

La densité du monoxyde de carbone est voisine de celle de l’air, il se diffuse donc très vite dans l’environnement. Après avoir été respiré, il se fixe sur les globules rouges à la place de l’oxygène et peut s’avérer mortel en moins d’une heure :

  • 0,1 % de CO dans l’air tue en 1 heure,
  • 1 % de CO dans l’air tue en 15 minutes,
  • 10 % de CO dans l’air tuent immédiatement.

En Bourgogne Franche-Comté, entre le 1er juillet 2016 et le 30 juin 2017, 44 épisodes intoxiquant 139 personnes ont été constatés nécessitant 112 admissions aux urgences et 29 hospitalisations et provoquant 2 décès.

Deux types d’intoxication 

  • L’intoxication faible dite chronique se manifeste par des maux de tête, des nausées, une confusion mentale, de la fatigue. L’intoxication est lente et les symptômes de cette intoxication peuvent ne pas se manifester immédiatement. 
  • L’intoxication aiguë entraîne des vertiges, une perte de connaissance, une paralysie musculaire, des troubles du comportement, voire le coma ou le décès. 

En cas d’intoxication grave (chronique ou aiguë), les personnes gardent parfois des séquelles à vie : migraines chroniques ou bien pathologies neurologiques invalidantes (troubles de la coordination motrice, paralysies de toutes formes). Ces intoxications sont actuellement suspectées de perturber le développement cérébral des enfants et notamment leur fonctionnement intellectuel.

Si on respire du monoxyde de carbone, il va dans les poumons, on a mal à la tête, on a envie de vomir

Les 3/4 des signalements surviennent en saison de chauffe d'octobre à mars. Les habitations sont le lieu privilégié des intoxications : 2/3 des signalements concernent les logements. Les sources d'intoxications sont majoritairement (60%) des installations fixes raccordées : chaudière, poêle, insert, cuisinière… 

En Bourgogne Franche-Comté, entre le 1er juillet 2016 et le 30 juin 2017, 44 épisodes intoxiquant 139 personnes ont été constatés nécessitant 112 admissions aux urgences et 29 hospitalisations et provoquant 2 décès.

Le monoxyde de carbone vient des appareils
  • Un défaut d’aération 
  • Des conditions météorologiques défavorables
  • Un défaut d’appareil ou de l’installation raccordée 
  • Une utilisation inadaptée de l’appareil

 

Quelques conseils permettent de limiter les risques d’intoxication au monoxyde de carbone dans l’habitat :

1. Avant l’hiver, faire systématiquement intervenir un professionnel qualifié pour contrôler les installations

  • Faire vérifier et entretenir chaudières, chauffe-eau, chauffe-bains, inserts et poêles.
    L'entretien des chaudières annuel des chaudières est obligatoire par application du décret N°2009-649 du 9 juin 2009.
    Il est recommandé de signer un contrat d’entretien garantissant une visite annuelle de prévention (réglage, nettoyage et remplacement des pièces défectueuses) et un dépannage gratuit sur simple appel.
  • Faire vérifier et entretenir les conduits de fumées (par ramonage mécanique). 
    Le règlement sanitaire départemental rend le ramonage obligatoire au moins une fois par an.
    Le conduit de cheminée doit être en bon état et raccordé à la chaudière. Il doit déboucher loin de tout obstacle qui nuirait à l’évacuation des fumées.

 

2. Toute l’année et particulièrement pendant la période de chauffe, assurer une bonne ventilation du logement

  • Aérer le logement tous les jours pendant au moins 10 minutes, même quand il fait froid.
  • Ne pas obstruer les entrées et sorties d’air (grilles d’aération dans les cuisines, salles d’eau et chaufferies principalement).
    Si une pièce est insuffisamment aérée, la combustion au sein des appareils sera incomplète et émettra du CO. 

 

3. Utiliser de manière appropriée les appareils à combustion

  • Ne jamais faire fonctionner les chauffages d’appoint en continu. Ils sont conçus pour une utilisation brève et par intermittence uniquement.
  • Respecter scrupuleusement les consignes d’utilisation des appareils à combustion (se référer au mode d’emploi du fabricant), en particulier les utilisations proscrites en lieux fermés (barbecues, …).
  • Ne jamais utiliser pour se chauffer des appareils non destinés à cet usage : cuisinière, brasero…
Monoxyde de carbone : groupe électrogène : à utiliser dehors

4. En cas d’installation de nouveaux appareils (groupes électrogènes ou appareils à gaz) :

  • Ne jamais placer les groupes électrogènes dans un lieu fermé (maison, cave, garage…) : ils doivent impérativement être installés à l’extérieur des bâtiments.
  • S’assurer de la bonne installation et du bon fonctionnement de tout nouvel appareil à gaz avant sa mise en service et exiger un certificat de conformité auprès de l’installateur.
     

Les détecteurs de monoxyde de carbone : ce qu’il faut savoir

Un rapport de la commission de sécurité des consommateurs pointe une fiabilité variable et parfois insuffisante des détecteurs de CO. Certains appareils ont ainsi été retirés de la vente. Il convient d’acheter un détecteur affichant le marquage volontaire NF EN 50291 (ou NF 292), seule norme garantissant une mesure fiable.

La prévention des intoxications passe donc prioritairement par l’entretien et la vérification réguliers des appareils à combustion et conduits de fumée, l’aération quotidienne, l’utilisation appropriée des groupes électrogènes et chauffage d’appoint... 

 

 

Visuel présentant l'affiche sur le monoxyde de carbone

En présence d’un appareil à combustion, des symptômes doivent vous alerter : maux de têtes, nausées, vomissements. Si ces symptômes disparaissent en dehors de la pièce ou que plusieurs personnes les ressentent dans une même pièce, il faut :

  • Aérer immédiatement les locaux en ouvrant portes et fenêtres.
  • Arrêter si possible les appareils à combustion.
  • Evacuer les locaux et les bâtiments.
  • Appeler les secours : le SAMU (15), les pompiers (18) ou le numéro unique d’urgence européen (112).
  • Ne pas réintégrer les lieux avant d’avoir reçu l’avis d’un professionnel du chauffage ou des Sapeurs Pompiers.

Dans le cadre du dispositif de surveillance national, toute intoxication au CO (hors incendie), suspectée ou avérée, survenue de manière accidentelle ou volontaire, au domicile, dans un établissement recevant du public, en milieu professionnel ou liée à l’utilisation d’engin à moteur thermique doit faire l’objet d’un signalement (formulaire et consignes de remplissage en bas de page). 

Pour un meilleur dépistage des situations d'intoxications oxycarbonées, les professionnels de santé peuvent consulter le dépliant (en bas de page) sur les intoxications oxycarbonées subaiguës ou chroniques : comment les diagnostiquer ?